Du terroir paysan à l’ère du charbon et du fer
Avant l’essor industriel, l’économie de la Haute Vallée de l’Orb reposait principalement sur :
- La polyculture vivrière (châtaignes, céréales, vignes pour une consommation locale)
- L’élevage de brebis et de chèvres, lié à la transhumance
- Une tradition textile ancienne : toiles de chanvre et de lin tissées à la main (Archives départementales de l’Hérault)
Tout change avec la découverte et l’exploitation de riches filons de charbon dès 1830 dans le bassin de Graissessac, à quelques kilomètres à peine de Saint-Gervais-sur-Mare. Rapidement, le territoire s’inscrit dans le grand mouvement industriel qui parcourt le Midi de la France :
- Ouverture de mines à Graissessac en 1837 (source : Hérault Tribune)
- Développement de l’exploitation du fer et de petites fonderies en aval à Bédarieux et Lamalou-les-Bains
- Construction d’infrastructures pour relier les sites d’extraction à la grande ligne ferroviaire Béziers-Neussargues (voie mise en service en 1876 ; source : SNCF patrimoine)
À Saint-Gervais, les conséquences ne tardent pas : une part croissante de la population abandonne la terre pour chercher du travail dans les mines ou les ateliers, parfois au prix d’une rude migration pendulaire ou du départ définitif dans des cités minières en pleine expansion.
Les chiffres clés de l’essor industriel local
- Entre 1846 et 1901, la population de Graissessac est multipliée par 4, passant de 683 à près de 2 400 habitants. Saint-Gervais, elle, atteint son pic démographique en 1886 avec 2 245 habitants (source : INSEE, recensements anciens).
- En 1898, les mines de charbon de Graissessac emploient plus de 1 200 ouvriers, dont une partie vit à Saint-Gervais ou y fait circuler sa paie (Archives du Conseil général de l’Hérault).
- Des familles entières voient l’arrivée de la paie minière améliorer modestement leur quotidien, mais au prix d’une instabilité et d’une exposition nouvelle aux risques industriels.
