Témoignages et enquêtes locales : de l’oubli au renouveau
À partir des années 1960, la mécanisation agricole, l’exode rural, la télévision puis Internet ont bousculé ces pratiques. Selon le rapport du CELAM (Centre d'Études sur les Langues Anciennes et la Mémoire), moins de 2% des enfants d’Hérault apprennent aujourd’hui une chanson populaire de leur village à la maison.
Cependant, la conscience du risque d’oubli a provoqué un sursaut. Plusieurs campagnes d’enregistrement et d’enquête orale ont été menées localement, notamment par :
- L’association "Paroles en Chemin" (Lamalou-les-Bains, 2016-2021), qui a recueilli plus de 200 récits d’anciens sur les métiers et coutumes d’autrefois, accessibles en consultation à la bibliothèque municipale.
- Le projet “Archives du Pays d’Orb” : plus de 150 heures de témoignages enregistrés auprès de “passeurs de mémoire”, dont plusieurs autour de Saint-Gervais. Ces archives permettent parfois de reconstituer des pans entiers d’histoire, comme la chronologie des moulins à eau sur la Mare.
- Les écoles bilingues occitanes : le réseau Calandreta, qui rassemble aujourd’hui plus de 60 établissements en Occitanie, remet en usage des chants et histoires traditionnels dans la pédagogie (source : calandreta.org).
Si la tradition orale n’a plus le rôle hégémonique qu’elle a eu, elle réoccupe aujourd’hui une place de choix dans de nombreux projets éducatifs, touristiques ou intergénérationnels.